
Lettre
à la Coordination des intermittents du spectacle Intersyndicale de
l'Ile de France
Paris, le 18 juillet 2003
Mesdames, Messieurs,
Je veux témoigner par cette lettre mon soutien public au mouvement que vous conduisez contre l'accord relatif à votre régime d'assurance chômage.
Cet accord, signé le 27 juin par des organisations syndicales minoritaires dans votre profession, aura notamment pour conséquence d'exclure 35 000 chômeurs des ayants droit.
Appuyé sur des évaluations tronquées du déficit de votre système d'assurance chômage, cet accord fait porter le poids des économies à réaliser sur les plus vulnérables d'entre vous alors que de nombreux employeurs abusent de votre statut pour payer leurs employés et que votre activité génère de très nombreux profits.
De nombreux responsables socialistes ont donc appelé, solennellement, le Gouvernement, puis le Président de la République lui-même, à suspendre cet accord et à nommer un médiateur pour dresser un constat objectif de la situation.
Pourtant, le Gouvernement et le Président de la République sont restés sourds à nos appels comme aux vôtres malgré l'importance qu'ils affichent dans leurs discours au dialogue et à la concertation.
Ils portent donc une lourde responsabilité dans l'annulation des différents festivals estivaux.
Le choix du pourrissement de la situation et de l'aggravation des tensions est la pire des solutions.
Persuadés que la culture n'est pas une marchandise et qu'elle est l'expression des plus hautes qualités humaines, nous resterons toujours convaincus que l'Etat doit protéger ceux qui en sont les acteurs et serviteurs.
En vous renouvelant mes encouragements et l'assurance de ma sympathie, je vous prie d'agréer, Mesdames, Messieurs, l'expression de mes sentiments distingués.